Yangshuo et la descente
de la rivière Li

Dernier article de notre « voyage de fin d’année », consacré à notre passage par Yangshuo, après Sanya, Kunming, Lijiang, Dali et Guilin. Si vous n’avez pas lu ces billets qui viennent chronologiquement avant celui-ci, je vous conseille de les lire puis de revenir par ici après.

Carte de Chine figurant les villes de Yangshuo Guilin Dali Lijiang Kunming Sanya Suzhou Shanghai

Vue d'une rue de Yangshuo au crépuscule

Cet article est divisé en quatre sujets principaux : le trajet en bus depuis Guilin, la face touristique du « village » de Yangshuo, une balade en vélo dans la campagne, et enfin notre descente de la rivière Li en radeau.

Bus entre Guilin et Yangshuo

Retour à la tapageuse gare de Guilin, et vers les rabatteurs qui hurlent aux touristes (en priorité) de monter dans leur bus pour telle ou telle destination. Après n’avoir eu aucun mal à trouver celui pour Yangshuo, nous nous installons dans le minibus d’une vingtaine de places. Le ticket est bon marché : moins de quinze yuans pour une heure et demie de trajet.

Intérieur d'un bus chinois

Le trajet commence alors que le véhicule n’est pas rempli à ras bord, ce qui nous étonne vu l’habitude générale qu’ont les propriétaires de tasser des gens jusque sur la trappe du moteur.

En fait, les places sont prévues : au fur et à mesure que le bus avance (à très basse allure, en rasant les trottoirs et les piétons qui y marchent) en ville sur la route de Yangshuo, la « préposée aux tickets » (sans aucun doute la compagne du conducteur) propose — hurle par-dessus le vacarme du moteur — à tous les badauds à proximité de les emmener.

Le trajet se passe donc sans encombre, sur une petite route de campagne encombrée des incontournables scooters et camions fous. Nous arrivons à la gare des bus de Yangshuo, située en plein centre de ce petit village.

Un village très touristique

Une rue de Yangshuo

Car Yángshuò, en sinogrammes simplifiés 阳朔, est décrit comme un « village » par les guides touristiques les plus en vue. Le nom de cette petite ville — de quelques centaines de milliers d’habitants — signifierait quelque chose comme « la nouvelle lune du Yáng1 ».

Pêcheur aux cormorrans à Yangshuo en Chine

La ville est entourée et parsemée de pics de calcaires, ces « pains de sucre » déjà évoqués, et longée à l’est par la rivière Li, qui passe déjà plus au nord à Guilin. Nous y reviendrons.

Vue des toits  et des pains de sucre à Yangshuo près de la rivière Li

Ruelle à Yangshuo

Si cette ville était, quelques années en arrière, le repaire des routards, des adeptes de l’escalade et autres voyageurs casse-cou, aujourd’hui la fièvre acheteuse a sévi et on retrouve le même amalgame de touristes chinois et étrangers partout dans les rues pavées et bordées d’échoppes d’« antiquités ».

Chapeaux chinois pour touristes

T-shirts souvenirs obama et mao

Les professionnels du négoce trouveront ici leur bonheur (comme partout ailleurs en Chine finalement) avec des produits pas plus différents de ceux trouvés à Beijing ou à Dali, et pas plus authentiques non plus. Pour preuve, on pourra même acheter des écharpes tissées comme on en trouve dans la vieille ville de Lijiang !

T-shirt souvenir chinois à Yangshuo

À partir de dix heures du matin, les rues sont impraticables jusqu’à une heure tardive de la nuit, et il est difficile de trouver un endroit assez peu fréquenté pour reposer ses tympans meurtris !

Une rue de Yangshuo

Yangshuo vue de nuit

Le charme évident de Yangshuo repose bien sûr sur ces monts qui semblent avoir poussé dans l’agglomération (même s’il s’agit de l’inverse) et qui prennent un caractère presque surnaturel lorsque la brume recouvre les sommets. La vue est d’ailleurs bien meilleure sur la terrasse du toit d’un des nombreux hôtels que compte le centre.

Vue générale de la rivière Li depuis Yangshuo

Embarcation sur la rivière Li à Yangshuo

Étant donné le peu d’attractions que dénombre la ville en elle-même, il nous a paru judicieux d’aller nous perdre sur les routes de campagne des environs.

Balade en vélo dans la campagne

La location de bicyclettes en Chine s’avère très simple et vraiment pas chère du tout (on peut trouver de bonnes adresses où le vélo coûte 10 ¥ la journée). Notre auberge de jeunesse à Yangshuo proposait ce service qui nous a semblé plutôt pratique pour une après-midi.

Sauf que les deux-roues se sont avérés être à l’image de la grande majorité des autres transports chinois : pas franchement en bon état ! L’un déraillait continuellement dès le moindre appui sur les pédales, l’autre ne possédait qu’une vitesse, et « pédalait dans la semoule » !

À faible allure, nous somme donc partis sous un ciel gris, en nous faisant doubler par les couples chinois en tandem, bien souvent hilares de nous voir lutter avec nos destriers.

Route de campagne vers Yangshuo

La route traversait des champs de céréales et les petites rizières individuelles au pied des monts calcaires. Parfois, nous apercevions un buffle attelé, suivi par son propriétaire, les deux avec de l’eau jusqu’aux genoux.

Route en campagne près de Yangshuo

A quelques distances de là, de nouveau la rivière Li avec de nombreuses embarcations touristiques amarrées.

La rivière Li près de Yangshuo

Le plus loin où nous ayons pu nous aventurer (une dizaine de kilomètres à peine, c’est dire si nos montures étaient performantes) est la colline de la lune, 月亮山, célèbre pour le trou que l’érosion a pratiqué à son sommet.

La colline de la Lune à Yangshuo

Mais devant le ciel menaçant, nous n’avons même pas eu le temps de grimper là-haut, et nous sommes revenus sous une pluie battante à l’auberge.

La descente de la rivière Li en radeau

Paysage de la rivière Li à Xingping

Embarcations touristiques sur la rivière Li à Xingping

Le lendemain, de bonne heure, départ pour Yangdi, plus au nord de Yangshuo, pour une descente de la rivière Li en radeau jusqu’à Xingping, soit une dizaine de kilomètres.

Vue des berges de la rivière Li et des pains de sucre à l'horizon

Nous n’avons pas opté pour la « croisière » complète entre Guilin et Yangshuo car divers avis nous avaient conseillé de faire seulement cette partie, qui s’avérait la plus intéressante, et beaucoup plus économique.

Sur la rivière Li

Végétation sur les monts calcaires qui bordent la rivière Li

La route qui mène au point d’embarcation est tortueuse à travers champs et collines recouvertes de végétation, jusqu’à un embarcadère où sont amarrés des radeaux en plastique. Des petites vieilles nous abordent en tentant de nous vendre des babioles et insistent jusqu’à l’énervement du touriste !

Embarcation naviguant sur la rivière Li

Nous avons pris place dans une embarcation à deux places, la descente du cours d’eau pouvait commencer. On ne peut pas rester insensible aux hautes falaises de calcaire en bas desquelles les petites embarcations passent.

Gigantesque pain de sucre sur la rivière Li

Habitation sur la berge de la rivière Li

Sur les berges, les habitations sont rares mais les constructions touristiques et hôtelières fleurissent ça et là, encore à l’abri des regards derrière de hauts bosquets de bambous, mais peut-être pas pour longtemps !

Vue d'embarcation sur la rivière Li et ses pains de sucres

Radeau en PVC sur la rivière Li

Durant les deux petites heures de la balade, notre guide voulait nous arrêter à proximité des « attractions touristiques » (se faire prendre en photo dans un costume ridicule, poser à côté d’un poney, etc.) mais nous lui avons fait comprendre que nous n’étions pas intéressés !

Cantine chinoise sur la berge de la rivière Li

Berge de la rivière Li

En chemin, beaucoup de ces « pains de sucre » semblent s’être fait attribuer de jolis noms comme par exemple « Le Garçon vénérant Bouddha », la « Montagne aux neuf chevaux » ou bien encore la « Colline à cinq doigts ».

La rivière Li

Une autre vue générale de la rivière Li à bord d'un radeau

L’imagination n’a pas de limites quand il s’agit de tourisme apparemment…

Vue sur une chaîne de pains de sucre au bord de la rivière Li

À la fin de la « croisière », nous avons visité le village de Xingping, préférant les vieilles rues aux avenues entrevues ça et là.

À bord d'un rickshaw à Xingping

Ruelle d'habitations chinoises à Xingping

Ruelle à Xingping

Sur un pont à Xingping

Cette descente de la rivière Li en radeau (motorisation de tondeuse à gazon) était très agréable et le paysage stupéfiant. On reste rêveur quant aux formes que le temps et les intempéries ont su façonner dans ces monts !

Radeau amarrés sur la berge de la rivière Li à Xingping

Ainsi se termine cette série d’articles sur notre « voyage de fin d’année ». Bien sûr, les oublis et ellipses sont nombreux, mais relater quatre semaines de pérégrinations dans les détails semble impossible ou tout au moins relever du travail d’un titan littéraire !

Rue de Yangshuo à la tombée de la nuit.

Difficile de raconter en quelques lignes les odeurs, bruits, sentiments et impressions de tant d’endroits et de situations si éloignés de ce que nous connaissons dans une vie étrangère, plus « quotidienne », en occident…

  1. Yáng comme dans la notion de yīn et de yáng, ce principe philosophique qui oppose deux catégories qui structurent l’univers entier et la pensée chinoise. L’article Wikipédia qui y fait référence semble assez éclairant et je vous en conseille la consultation. []

3 commentaires pour “Yangshuo et la descente
de la rivière Li”

  1. [...] commençant par l’île de Hainan, puis par les villes de Kunming, Lijiang, Dali, Guilin et enfin Yangshuo. Bien entendu, chaque article sera indépendant des autres (sauf mention contraire) mais certaines [...]

  2. [...] Deuxième article résumant notre séjour sous les tropiques chinoises, je vous conseille de lire le premier si ce n’est pas déjà fait et de revenir ici ensuite. Ceux–ci s’inscrivent dans un ensemble de billets relatant un voyage d’un mois que nous avons entrepris et qui passe par l’île de Hainan, Kunming, Lijiang, Dali, Guilin et Yangshuo. [...]

  3. [...] rivière Li (qui passe au centre–ville), avant de repartir le lendemain pour une descente à Yangshuo, qui s’est révélée plus attrayante que Guilin, désormais comptée parmi les villes les plus [...]