Atterrissage à Kunming

Après Sanya, située au sud de l’île de Hainan, deuxième étape de notre « voyage de fin d’année » à Kunming, la ville-préfecture de la province du Yunnan. Cet article s’inscrit dans un cycle de billets qui continuera avec le résumé de notre passage par Lijiang, Dali, Guilin et enfin Yangshuo.

Seront relatés (en résumé et en omettant une somme de détails bien sûr) nos passages (dans un ordre non-chronologique des trois jours passés sur place) au temple d’or, dans le centre-ville moderne de Kunming, une excursion vers le temple des bambous, notre promenade dans le quartier des pagodes, et enfin une autre aux monts de l’ouest. J’espère que la lecture ne sera pas trop rebutante compte tenu du nombre de sites évoqués.

Durant la phase d’approche de l’avion qui nous amenait à Kunming, nous avons pu distinguer par le hublot quelques bribes du paysage grandiose qu’offre la terre du Yunnan. En effet, nous en reparlerons certainement dans un autre article, mais le sol rouge est immanquable, présent partout dans cette partie de la Chine. C’est réellement très impressionnant et visible déjà depuis le ciel !

Vue depuis le sommet des monts de l'ouest à Kunming

Le Hump de Kunming, une auberge de jeunesse où nous dormions, était située en plein centre de cette ville de plus d’un million d’habitants située à 1894 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans un coin très pratique et vivant, à proximité des lignes de bus qui se sont révélées très agréable à utiliser en comparaison de celles de Suzhou.

Vue du centre-ville de Kunming depuis la terrasse du Hump hostel

Pas (encore) de métro ici mais des bus à impériale climatisés flambant neufs (pas tous, évidemment) avec leurs voies réservées à certains endroits sont appréciables pour faire un tour !

Le temple d’Or

C’est donc depuis le deuxième étage d’un bus que nous nous sommes rendus à notre première visite au nord-est de Kunming : le temple d’Or, 金殿, Jin Dian ou Jindian en pinyin, qui se trouve être en réalité le parc du temple d’Or, soit 金殿公园 ou Jindian gongyuan. Cette précision prend son sens quand on comprend — sur place — qu’il faudra plusieurs heures pour le visiter entièrement. En arrivant, on passe évidemment par la caisse mais on ne dépensera là qu’une somme modique.

Portail d'entrée du temple d'Or

Plusieurs entrées permettent d’accéder à l’intérieur du parc, et chacune d’elles mène au sommet de la colline Mingfeng (ce qui se traduirait apparemment par « la colline du phœnix chantant » ) et au palais Taihe (le pavillon de l’harmonie suprême, en toute modestie) qui est décrit comme le plus grand temple chinois non pas d’or — comme le laisse logiquement entendre son nom — mais en cuivre ! Il était à l’origine, au XVIIe siècle, dédié à Zishi, un héros qui était aussi un dieu taoïste.

Détail architectural à l'intérieur du parc du temple d'Or à Kunming

Le temple d'Or à Kunming sur la colline Mingfeng

Architecture à l'intérieur du parc du temple d'Or à Kunming

Le temple d’Or, après avoir été transféré une première fois dans les alentours de Dali, fut complètement rénové au XIXe et est depuis entièrement constitué de cuivre.

Dallage en pierres à l'intérieur du temple d'Or à Kunming

Détail architectural à l'intérieur du parc du temple d'Or à Kunming

On accède à ce pavillon par un chemin, fourni en escaliers, à l’ombre des cyprès centenaires.

Escaliers menant à la colline Mingfeng

La montée passera également sous les trois portes du ciel, 天门, Tianmen, qui conduisent bien évidemment le quidam vers le divin, l’inaccessible, au sommet de la colline.

Intérieur du temple d'Or à Kunming

Détail d'une stèle au parc du temple d'Or à Kunming

Le parc du temple d’Or mène également plus en avant vers une pagode, le « pavillon de la Cloche », bâti en 1984 pour abriter une cloche de cuivre datant du XVe siècle, dont on peut monter les trois étages pour contempler au loin les silhouettes de béton et de verre des immeubles de Kunming.

Pavillon de la cloche à l'intérieur du parc du temple d'Or à Kunming

Vue de Kunming depuis le pavillon de la cloche à l'intérieur du parc du temple d'Or à Kunming

Lors du retour vers la sortie, l’une des options est de passer par le jardin du Camélia, qui est un dédale de bosquets floraux à l’ombre des hauts arbres où l’on peut facilement déambuler sans plus rien entendre du tumulte de la cité environnante.

Jardin à l'intérieur du parc du temple d'Or à Kunming

Remparts à l'intérieur du parc du temple d'Or à Kunming

Porte et remparts à l'intérieur du parc du temple d'Or à Kunming

Statue de Lion chinois dans le parc du temple d'Or

D’autres parties du parc sont appelés le « jardin des perroquets » et le « jardin des orchidées », que nous n’avons pas visité, faute de temps, mais dont l’intérêt semble discutable et redondant.

Architecture à l'intérieur du parc du temple d'Or à Kunming

Bois à l'intérieur du parc du temple d'Or à Kunming

Zatoichi1 à Kunming

Centre-ville moderne à Kunming

Autre vue du centre-ville moderne de Kunming

Le retour au centre de la cité de l’éternel printemps change radicalement de décor avec le parc abrité et préservé. Kunming possède son propre lot de gratte-ciels, comme toute grande agglomération chinoise ! L’une des « attractions » que mentionnent les guides de route est la présence, au pied des géants de béton aux chevelures néons multicolores, de masseurs aveugles.

Masseurs aveugles au centre-ville de Kunming

Ceux-ci sont formés par des institutions spécialisées pour leur procurer un revenu minimum de subsistance. Alors, on voit les badauds s’arrêter sur des chaises bien alignées, les masseurs en blouse blanche s’activer autour d’eux et pratiquer leur activité du sommet du crâne jusqu’aux pieds. Je ne sais pas combien coûtent leurs services mais il semble que l’on en ait pour son argent vu la vigoureuse énergie dépensée !

Le temple des bambous

Cour du temple des bambous à Kunming

À l'intérieur du jardin au temple des bambous à Kunming

Le deuxième endroit que nous ayons visité à Kunming porte le nom de temple des bambous, 筇竹寺, Qióng zhú Sì en pinyin, et qui s’est révélé quelque peu décevant.

Pavillon principal du temple des bambous à Kunming

Brûloirs à encens au temple des bambous à Kunming

Situé à une dizaine de kilomètres du nord-ouest de la ville, il a fallu emprunter un bus jusqu’à l’extrémité du centre puis un minibus (bondé) qui passe par la route qui serpente à travers la forêt à flanc de la montagne Yu’an.

Détail d'une sculpture au temple des bambous à Kunming

Une fois sur place, nous avons cherché les végétaux dont nous supposions qu’ils avaient donné son nom au temple mais à notre grand étonnement, aucun n’était visible ! La visite s’effectue en une demi-heure.

Bougie à prière chinoise au temple des bambous à Kunming

Autel à encens au temple des bambous de Kunming

Après quelques recherches, il apparaît que ce temple fut construit sous la dynastie Yuan (en caractères simplifiés : 元朝, en pinyin Yuán cháo, 1234 / 1279–1368) et abritait une secte bouddhique zen, aussi appelée chán en mandarin, 禅 en sinogrammes simplifiés.

Cour du temple des bambous à Kunming

Le temple a été brûlé de nombreuses fois (il semble qu’une constante dans l’histoire chinoise veuille que chaque temple qui se respecte soit une reconstruction d’un ouvrage plus ancien détruit auparavant) au cours de son histoire.

Vue au temple des bambous à Kunming

Une cour chinoise au temple des bambous à Kunming

Bonsaï chinois et terre rouge au temple des bambous à Kunming

La dernière révision en date fût érigée sous la dynastie Qing (en sinogrammes simplifiés : 大清, en pinyin Qīng cháo, de 1644 à 1912).

Détail de dallage chinois au temple des bambous à Kunming

Brûloir à encens  au temple des bambous à Kunming

Autel à bougies au temple des bambous à Kunming

Pagode miniature décorative au temple des bambous à Kunming

L’histoire légendaire associée à ce temple veut que deux frères, sous la dynastie Tang (soit 唐朝 en sinogrammes, Táng Cháo en pinyin, 618–690 et 705–907), aient aperçu un rhinocéros (ils avaient dû abuser de bái jiǔ2 ) près du lac Dian (滇池) et se lancèrent à sa poursuite dans la montagne Yu’an. Le rhinocéros s’étant miraculeusement évanoui dans les bois, ils aperçurent d’étranges moines assis au loin.

Bâtonnets d'encens au temple des bambous à Kunming

Intérieur de la cour au temple des bambous à Kunming

Dès qu’ils eurent rejoint l’endroit où les religieux leur étaient apparus, les deux frères constatèrent qu’il n’y avait là que des pousses de bambou. Ils essayèrent de déraciner le bambou mais ne purent y arriver.

Détail d'une clochette au temple des bambous à Kunming

Le lendemain, l’endroit aurait été recouvert de bambous ! L’histoire raconte qu’ils décidèrent alors d’y construire le temple qui tire son nom de cet épisode mythologique…

Le quartier des pagodes

Kunming est la capitale administrative de la province du Yúnnán, 云南, soit « au sud des nuages » une des régions les plus pauvres de la République Populaire de Chine, malgré le développement toujours plus important du tourisme. Néanmoins, la terre rouge est très fertile et la variété de produits de la terre que l’on trouve sur les étals est impressionnante.

Fruits secs sur le marché à Kunming

Marchand de fruits secs sur le marché à Kunming

Même en plein centre-ville, les marchés sont des endroits très conviviaux où l’on peut découvrir certains légumes et fruits inédits, des couleurs vives et des odeurs saisissantes !

Marchand d'épices au marché à Kunming

Étal de théières en céramique dans un marché à Kunming

Étal d'épices, de cacahuètes et de pâtes au marché à Kunming

Marchand de viande dans un marché à Kunming

Vieux chinois et marchande de condiments sur le marché à Kunming

On pourra même passer à proximité des pagodes de l’ouest et de l’est, véritables témoins des anachronismes spatiaux qui sont monnaie courante en Chine.

Allée du marché dans le quartier des pagodes à Kunming

Pagode à Kunming, dans le quartier des pagodes

Le neuf côtoie l’ancien, la tradition religieuse jouxte la modernité la plus occidentalisée, les inégalités sociales se creusent, d’un côté la ville luxueuse des immeubles illuminés et de l’autre les xiang, l’équivalent des hutongs de Beijing.

Les Monts de l’ouest

Temple à flanc des monts de l'ouest à Kunming

Dernière visite majeure que nous ayons entreprise à Kunming, celle des monts de l’ouest, à proximité du lac Dian (en sinogrammes : 滇池). Pour s’y rendre, il est nécessaire de faire deux changements en bus, et de compter une bonne heure et demie depuis le centre. Après avoir traversé la banlieue proche, on pénètre dans de petites rues qui débouchent sur une route en lacets qui elle même se termine à Gaoyao, au pied des monts.

Chemin de campagne menant aux monts de l'ouest à Kunming

À partir de là, il faut marcher ou bien prendre un « faux-taxi » jusqu’au point central du site, là où commencent les excursions vers le sommet des monts de l’ouest, 西山, Xi Shan, et les temples situés plus hauts.

Étals de souvenirs touristiques chinois aux monts de l'ouest à Kunming

Statue de dragon chinois aquatique

Les bambous des monts de l'ouest à Kunming

L’endroit se visite en une bonne demi-journée car il y a une pléthore de pavillons à voir et de chemins à emprunter. Parmi ceux-ci, le Huating Sì (le temple du pavillon majestueux, un ancien temple bouddhiste), le Taihua Sì (temple de la Splendeur suprême) ou bien encore le temple des Trois Purs (Sanqing Ge, taoïste celui-là) auxquels on accède en passant par la porte du dragon (Long men).

Vue du lac Dian à Kunming depuis les monts de l'ouest

Le chemin sillonne entre les rochers, grimpe à certains endroits par des rampes d’escaliers assez hauts, passe par le long de la falaise Lohan (même si l’endroit est sécurisé, attention aux gens sujets au vertige), se perd dans un dédale creusé dans la roche où l’on pourra passer par les points d’intérêt de l’océan de nuages(Yunhai), La grotte aux nuages pleins de couleurs(Caiyun), La grotte Yunhua et Le pavillon qui atteint le ciel (Datian).

Temple extérieur aux monts de l'ouest à Kunming

Détail de sculpture aux monts de l'ouest à Kunming

Détail de bâtonnets d'encens aux monts de l'ouest à Kunming

Vue sur le lac Dian depuis les monts de l'ouest à Kunming

Falaises de la porte du dragon aux monts de l'ouest à Kunming

En contrebas des monts de l'ouest à Kunming

Passage dans une grotte aux monts de l'ouest à Kunming

Le chemin de terre se poursuit et continue de monter dans les petits bois de pins avant de se terminer au milieu des rocailles calcaires. Les couleurs à cette période sont très impressionnantes : les arbres se teintent de jaune, de vert clair et foncé, le ciel est bleu, la terre ocre et rouge, les rochers polis par les visiteurs presque d’une couleur de métal.

Escaliers menant à la porte du dragon aux monts de l'ouest à Kunming

Roches au sommet des monts de l'ouest à Kunming

En arrivant au sommet, à près de deux mille cinq cents mètres, on découvre une vue imprenable sur le lac Dian, sur Kunming en contrebas et sur les monts de l’ouest, qui couvrent près de 35 kilomètres !

Pavillon chinois au sommet des monts de l'ouest à Kunming

Vue du lac Dian depuis le sommet des monts de l'ouest à Kunming

Détail architectural d'un pavillon au sommet des monts de l'ouest à Kunming

Détail décoratif des barrières au sommet des monts de l'ouest à Kunming

Vue d'un pavillon au sommet des monts de l'ouest à Kunming

Enfin, on pourra redescendre soit en télésiège (sur le moment, c’est un peu bizarre dans le décor, mais les Chinois semblent apprécier), soit en passant à travers la mini-forêt de pierres qui donne apparemment un bon aperçu de ce que peut être Shilin (le site de la forêt de pierres, non loin de Kunming, et qui est fameux en Chine pour ses hautes formations rocheuses effilées).

Téléphériques aux monts de l'ouest à Kunming

La mini-forêt de pierres aux monts de l'ouest à Kunming

Passage entre les roches de la mini-forêt de pierres aux monts de l'ouest à Kunming

Cette visite de quelques jours à Kunming condensée en un article (long) vous aura, je l’espère, fait partager un peu de notre expérience de la capitale administrative du Yunnan et de ses attractions touristiques. Il resterait beaucoup à dire, beaucoup de détails à mentionner, comme toujours, mais il est maintenant temps de relater nos déambulations à Lijiang, une autre ville du Yunnan.

  1. Zatoichi est un personnage de fiction japonais mis en scène par Takeshi Kitano au cinéma dans le film éponyme. Zatoichi est un masseur aveugle qui parcourt le Japon médiéval et qui se révèle être un combattant redoutable… []
  2. Le bái jiǔ est la curiosité alcoolisée en Chine : on prononce approximativement « baijo », 白酒 en caractères chinois simplifiés.Il s’agit littéralement d’une « liqueur blanche », très forte à l’odeur et au goût, à la saveur fort appréciée des papilles chinoises, moins des palais français, et qu’il ne faut pas faire boire à tout le monde : une cinquantaine de degrés tout de même ! []

6 commentaires pour “Atterrissage à Kunming”

  1. [...] nos escales successives à Sanya, Kunming, Lijiang et Dali, il était temps pour nous de repartir plus à l’est, dans la province du [...]

  2. [...] dans divers endroits en Chine, en commençant par l’île de Hainan, puis par les villes de Kunming, Lijiang, Dali, Guilin et enfin Yangshuo. Bien entendu, chaque article sera indépendant des autres [...]

  3. [...] relatant un voyage d’un mois que nous avons entrepris et qui passe par l’île de Hainan, Kunming, Lijiang, Dali, Guilin et [...]

  4. [...] « voyage de fin d’année » après notre escale à Sanya, sur l’île du Hainan et à Kunming, la capitale de la province du Yunnan. Les articles à venir relateront nos étapes à Dali, Guilin [...]

  5. [...] sur l’île de Hainan, à Sanya puis, de retour sur le continent dans la province du Yunnan, à Kunming, puis à [...]

  6. [...] « voyage de fin d’année », consacré à notre passage par Yangshuo, après Sanya, Kunming, Lijiang, Dali et Guilin. Si vous n’avez pas lu ces billets qui viennent chronologiquement avant [...]