Escapade à Hangzhou 1/2

Pour changer un peu du décor du Suzhou Art & Design Technology institute, petite échappatoire vers Hangzhou, la préfecture de la province du Zhejiang, à une centaine de kilomètres de notre annexe de l’ÉSAAB neversoise !

Carte de Chine mentionnant Hangzhou et Suzhou

Bus de voyage Chinois

Je n’en ai encore pas parlé jusqu’à maintenant (si ce n’est brièvement dans l’article Sino[graphie] traitant de l’état des lieux des transports en Chine), mais les bus de voyage reliant les agglomérations sont très populaires dans le pays du milieu.

Prenons la liaison entre deux villes d’importance moyenne comme Suzhou et Hanghzou (deux millions d’habitants chacune tout de même). On peut faire le trajet en deux heures grâce aux bus qui, chaque demi–heure, font la navette d’une gare routière à l’autre.

C’est très pratique, pas très cher (comptez soixante et onze yuans, soit huit euros), et chaque billet donne droit à une place assise (ce n’est pas toujours le cas en train) !

Vue habitations chinoises au bord de l'autoroute Hangzhou Suzhou

Pendant le trajet, le paysage de ce début Avril change un peu du quotidien : les champs de colza (je suppose que c’est de cela dont il s’agit car c’est on ne peut plus jaune) bordent l’autoroute, les petites maisons remplacent les HLM habituels.

Campagne au bord de l'autoroute Hangzhou Suzhou

Mais ce n’est pas encore la campagne à proprement parler : au loin, dans le smog désormais bien familier, on distingue les silhouettes décharnées d’usines lourdes, d’entrepôts ; au second plan, quelques habitations construites dans un style plutôt original, mêlant colonnes doriques en façade et balcons coloniaux…

Autoroute entre Hangzhou et Suzhou

Parfois, un canal où transitent les barges de charbon et d’autres matériaux. Des élevages de volatiles entassés là comme des sardines (oui, la comparaison animalière n’est peut–être pas la plus appropriée).

Du goudron défraîchi en guise de route. Des allées de cyprès. Des serres. Des bicoques délabrées. De l’herbe. Des petits marécages. Des pêcheurs installés sur leur barque. Une église surmontée d’une croix, construite au milieu de nulle part. Des forêts de pylônes électriques. Enfin, le décor de béton et d’asphalte fait place à des bribes de nature, et le bus pénètre le périphérique emmêlé de Hangzhou.

Le lac de l’ouest à Hangzhou

Après avoir déposé mon sac à l’auberge de jeunesse, je me dirige vers le lac de l’ouest, situé à deux pas de là.

Le lac de l'Ouest à Hangzhou

Ce lac est un peu le pôle d’attraction de Hangzhou, même s’il n’est pas au cœur de la ville. Les guides de voyage centrent leur carte de la cité autour de celui–ci, ignorant les parties est et nord d’une ville qui s’étend bien au–delà de la périphérie de ce plan d’eau couvrant environ quinze kilomètres carrés.

Embarcations sur le lac de l'Ouest à Hangzhou

La rive est du lac de l'Ouest à Hangzhou et ses canots

Tout autour de celui–ci, on peut déambuler sur une promenade, pavée à certains endroits, au milieu d’étendues d’herbe très verte à cette saison.

Végétation autour du lac de l'Ouest à Hangzhou

Le printemps est bien plus visible ici que vers l’institut de Suzhou : les arbres aux formes torturées sont couverts de fleurs roses, blanches, jaunes, les saules pleureurs filtrent la lumière à la surface de l’eau.

Intérieur d'un parc autour du lac de l'Ouest à Hangzhou

L’endroit est très populaire en Chine, beaucoup de touristes de la région et d’ailleurs, pas seulement occidentaux, viennent se promener en famille sur les berges du lac de l’ancienne capitale sous la dynastie des Songs du sud.

Promenade le long de la rive est du lac de l'Ouest à Hangzhou

Sur le lac, les barques touristiques à rame sont dirigées par des employés en uniforme qui viennent amarrer leurs embarcations tout autour du plan d’eau.

Les canots du lac d'Hangzhou

D’autres bateaux, plus imposants ceux–là, font des allers–retours d’est en ouest, et font escale sur les trois petites îles que le lac possède.

Barque sur le lac de l'Ouest à Hangzhou

Chose très pratique également, la présence de vélos à louer (si, si, comme dans les grandes villes françaises) contre trois cents yuans (trente euros) de caution à l’heure, à la journée, etc. Vraiment très peu cher et pratique car la somme de base est rendue intégralement, et seuls quelques yuans en seront déduits pour la location de quelques heures. Ayant fait le tour du lac à pied, je n’en ai pas emprunté mais les bicyclettes semblaient aussi efficaces que leurs homologues tricolores.

Canotage sur le lac d'Hangzhou

Bien entendu, comme toujours en Chine, chaque lieu naturel — montagne, colline, lac, etc.  — est associé à de nombreuses légendes et constitue une mémoire de temps millénaires.

Rive du lac de l'Ouest à Hangzhou dans la brume

Lorsque la météo est à la pluie, le lac devient un endroit mystérieux, enveloppé dans des brumes épaisses qui engloutissent les embarcations et qui ne permettent pas de distinguer la berge opposée. Alors, on comprend mieux comment ce lieu a pu (et continue encore) de nourrir l’imagination populaire…

Vers la digue Su Dongpo

Pêcheurs sur la digue Su Dongpo à Hangzhou

Le lac de l’ouest comporte plusieurs endroits très particuliers, et l’un d’eux est la digue Su Dongpo, mesurant environ trois kilomètres, accessible uniquement aux piétons, voiturettes électriques de tourisme et aux vélos.

L'allée au centre de la digue Su Dongpo à Hangzhou

Des deux côtés du ruban d’asphalte central, les parterres d’herbe (très) verte alternent avec des arbres aux fleurs roses, de grands cyprès. Sur les berges, les pêcheurs somnolent devant leurs lignes, bercés par le clapotis de petites ondes dues aux canots à moteur de la police du lac.

Kiosque et verdure de la digue Su Dongpo à Hangzhou

Vue de la digue Su Dongpo à Hangzhou

Les gens viennent ici en famille pique–niquer ou juste profiter de la vue sur les îles du lac.

La pagode Leifeng vue depuis la digue Su Dongpo à Hangzhou

De l’autre côté, à l’ouest, on distingue la partie de la ville qui est la moins urbanisée, un temple en haut d’une colline, et finalement, après avoir atteint le sud de la digue, on distingue la pagode Leifeng, ignorée par les différents guides touristiques vu qu’elle n’y est mentionnée nulle part.

Le centre et la rue touristique Hefang

À l’est du lac, se trouve le centre–ville de Hangzhou, un quartier chic avec des enseignes internationales, aux concessions automobiles de luxe, bref, un havre de culture qui n’a rien de traditionnelle.

Quelques restaurants célèbres dans cet endroit, vers l’avenue Hubin, regroupent les foules de connaisseurs chinois qui peuplent les rues la nuit venue.

Plus au sud, un ensemble de petites rues touristiques offrent les mêmes distractions que l’on pourrait trouver à Shantang jie, à Suzhou. La populaire Hefang jie semble en être une transposition assez fidèle, et elle ne propose pas grand–chose d’original en elle–même, si ce n’est quelques bonnes adresses pour se restaurer.

Hefang Jie à Hangzhou

En fait, le mieux est de trouver l’une des petites allées entre les rues où de nombreuses échoppes de nourriture à emporter ont élu domicile. On peut y manger pour pas cher et c’est une bonne manière de se fondre dans la masse.

En y allant à pied, on apercevra le pavillon du dieu de la ville, situé sur la colline Wu. Le lieu semble assez préservé des hordes de touristes, et plutôt réservé à la population locale.

La colline Wu et le temple du dieu de la ville d'Hangzhou

Vu d’en bas, avec le spectacle des cerfs–volants multicolores au premier plan, l’endroit ressemble à la maison hantée de Disneyland !

Médecine chinoise

En plein centre de ce dédale touristique, un espace plutôt incongru propose — moyennant dix yuans — de découvrir l’art pharmaceutique chinois. Tout un programme !

Mur d'enceinte de la pharmacie Huqingyu Tang à Hanghzou

La pharmacie Huqingyu Tang est un emplacement des plus fameux en ville car les remèdes traditionnels y sont toujours préparés à l’ancienne.

Vitrines dans la pharmacie Huqingyu Tang à Hanghzou

Intérieur de la pharmacie Huqingyu Tang à Hanghzou

L’entreprise fût fondée au dix–neuvième siècle par un homme nommé Hu Xue Yuan avant de passer sous le giron étatique au milieu du vingtième siècle.

Cour intérieure de la pharmacie Huqingyu Tang à Hanghzou

Le musée attenant à la pharmacie est on ne peut plus chargé d’une ambiance glauque. Les boiseries sombres, les éclairages blafards des vitrines présentant les ingrédients rentrant dans la composition des remèdes traditionnels, le silence pesant qui y règne transforment l’intérieur du musée en véritable antre de savant fou.

Heureusement, quelques patios permettent de laisser entrer la lumière par les fenêtres.

Patio dans la pharmacie Huqingyu Tang à Hanghzou

La superficie totale n’est pas impressionnante, au contraire, l’espace est plutôt réduit, intime, comme si les concepteurs avaient voulu amplifier le mystère qui entoure le secret de fabrication des substances prescrites par les médecins des siècles passés.

Plantes médicinales chinoises à la pharmacie Huqingyu Tang à Hanghzou

Le curieux y fera des découvertes imprévues : bocaux remplis de fœtus d’animaux et de poissons flottant dans du formol, échantillons de plantes, de feuilles, de racines et autres végétaux rentrant dans la composition des médicaments.

Taxidermie chinoise à la pharmacie Huqingyu Tang à Hanghzou

Poissons conservés dans du formol à la pharmacie Huqingyu Tang à Hanghzou

Mais aussi, des exemples de taxidermie, des cornes, des défenses, des os, des ustensiles archaïques, des documents calligraphiés, etc.

Grenouilles dans du formol à la pharmacie Huqingyu Tang à Hanghzou

Instrument de médecine chinoise à la pharmacie Huqingyu Tang à Hanghzou

Anciens manuscrits de médecine chinoise à la pharmacie Huqingyu Tang à Hanghzou

Animaux empaillés à la pharmacie Huqingyu Tang à Hanghzou

C’est en quelque sorte un véritable cabinet de curiosités qui s’offre aux curieux, loin des stéréotypes polis habituellement véhiculés par les médias.

La deuxième partie de cette petite escapade à Hangzhou dans l’article suivant

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