Balade à Beijing 5/5

Nouvel article, le cinquième de la série réalisée pour notre escapade dans la capitale de la République Populaire de Chine, Beijing. Les quatre précédents articles relataient les autres visites que nous avons effectuées durant cette semaine de Janvier.
Je vous invite à commencer la lecture par le premier de la série, et également à consulter les second, troisième et quatrième articles si vous les avez manqués.

Le Temple du Ciel

Détail de l’architecture du temple du ciel à Beijing

Encore une fois, nous avons été étonnés de voir à quel point la ville peut être étendue et le réseau routier congestionné. En effet, si sur un plan de la ville, on ne se rend pas compte des distances, on en prend conscience quand on essaye de rallier un point à un autre en taxi.

Détail de l’architecture du temple du ciel à Beijing

Détail de l’architecture du temple du ciel à Beijing

Notre trajet vers le Temple du Ciel (situé dans la partie sud de Beijing) en est un bon exemple. Notre auberge se situait au nord-est de la Cité Interdite, dans le centre de la capitale, et, pour arriver à destination, il nous aura fallu presque une heure, bien au chaud, alors que le chauffeur avançait sur les voies à grande vitesse et les échangeurs qui semblaient tourner en rond et se croiser les uns les autres !

Temple du ciel à Beijing

Une fois sur place, l’endroit n’était pas bondé (sans doute à cause du froid) et la visite n’en a été que plus agréable. Mais autant le dire tout de suite, nous n’avons pas eu le temps de visiter de fond en comble les 270 hectares du parc où se situe le temple !

Détail de l’architecture du temple du ciel à Beijing

Cela étant, il faut avouer que la végétation et l’espace tiennent une place prépondérante. Le lieu semble très apprécié des citoyens de la capitale car ils étaient nombreux peu après l’entrée à se regrouper sous les cyprès noueux pour faire leur gymnastique matinale au rythme d’une musique techno ! Le spectacle vaut le détour, surtout que la moyenne d’âge tourne aux alentours de soixante ans. Le contraste entre la majesté des lieux, le vacarme sortant des enceintes portatives et les tenues fluo des sexagénaires n’ont pas manqué de nous laisser bouche bée…

Danseurs dans le parc du temple du ciel à Beijing

Parc près du temple du ciel à Beijing

Ce temple devait permettre aux empereurs de créer un lien les unissant sur terre aux immensités célestes. Pour cette raison d’association au pouvoir ultime, le lieu était interdit jusqu’au début du XXe siècle.

Détail de l’architecture du temple du ciel à Beijing

L’endroit jouait également un rôle important aux solstices d’hiver et d’été, où l’empereur exécutait certains rituels sacrés.

Temple du ciel à Beijing

Comme pour bon nombre d’autres constructions et édifices aujourd’hui célèbres en Chine, la succession de « tableaux » est primordiale. On va graduellement s’avancer vers le ciel, et des bâtiments de plus en plus somptueux.

Temple du ciel à Beijing

Temple du ciel à Beijing

Ceux–ci seront particuliers : à l’inverse des autres temples, ils sont circulaires, avec des toits concentriques, puisque représentant le ciel : soit un rond, en opposition à la terre qui, elle, est représentée par un carré dans le langage graphique traditionnel chinois.

Fake land

Quelques mots en passant sur ce que nous imaginons encore être quelque chose de typique en Chine : les différents « marchés » nommés de la « soie », aux « tissus », etc.
Il y en a plusieurs à Beijing, et on ne s’attend pas du tout à ça. Il s’agit en fait ni plus ni moins d’énormes centres commerciaux sur cinq ou six étages, envahis de stands aux éclairages néon, aux vendeuses jeunes et sur-maquillées, qui vous interpellent en vous montrant leur camelote, identique dans toutes les boutiques.

N’espérez pas y faire de bonnes affaires, c’est perdu d’avance, même en marchandant à un dixième du prix d’origine, les marges semblent astronomiques !

Vous voyez un vêtement qui vous plaît ? Ne vous attristez pas si la vendeuse joue la comédie en vous faisant comprendre qu’elle ne peut pas descendre ses prix si bas (vous aurez, au préalable, déclaré vouloir ces gants dont le prix affichait 200 ¥ à seulement 20 ¥, car vous n’étiez pas si stupide). En effet, quelques boutiques plus loin, vous aurez l’agréable surprise de voir sa réplique exacte… Il n’est donc pas nécessaire de chercher « l’affaire du siècle », ça n’existe tout simplement pas, tout sort de la même fabrique.

Idem pour les soi-disant antiquités ou œuvres d’art authentiques. La seule vérité, c’est qu’elles sont fabriquées en Chine !

Bien crédule celui qui achètera un souvenir pour ce que le vendeur lui en aura dit car il n’hésitera pas à affirmer qu’il s’agit de cuivre, d’argent ou d’autre chose pour conclure une vente.

Il faut préciser qu’on trouve absolument toutes les grandes griffes de la mode à des prix vraiment inédits dans de pareils endroits. Avec de vrais faux logos, du vrai mauvais goût, et une part flagrante de naïveté des fabricants… Et de certains clients.

Vous l’aurez compris, j’ai détesté cet endroit. Spécialement à cause des vendeurs et vendeuses tous plus horripilants les uns que les autres : à chaque nouvelle allée, c’est la même comédie : « Est-ce que je peux vous aider ? », « Tu veux des vraies chaussures en cuir ? », « Regarde, regarde, c’est une vraie marque ! », « Tu veux une robe ? » (celui-là doit être myope…), « Pour toi, prix spécial ! », etc.

Bref, au bout de dix minutes de ce petit manège, on sourit. Au bout d’une demi-heure, on a juste envie de hurler…

Le Palais d’Été

Dans le palais d’été à Beijing

Ce palais n’est pas situé au centre de la capitale comme peut l’être la Cité Interdite ou d’autres lieux que nous avons visités : il faut s’y rendre en bus, en taxi ou avec le métro (pas extrêmement pratique tout de même).

Il faisait toujours aussi froid le matin où nous avons entrepris cette visite, et nous savions qu’encore une fois, il allait falloir rester quelques heures sans autres abris chauffés que les divers petits magasins ouverts dans la zone.

L’entrée nous permit de découvrir de nombreuses personnes pratiquant leur taï–chi chuan ou leur gymnastique matinale à l’ombre glacée des cyprès et en rythme sur de la musique de boîte de nuit (un comble).

Mauvaise surprise et accès de mauvaise humeur : une des faces du Pavillon de la Mer de la Parfaite Sagesse, qui trône en haut de la colline centrale du parc, est couverte d’échafaudages ! Personne ne nous l’a dit au moment de prendre les billets, et nous espérons que tout le palais n’est pas en réfection pour l’hiver !

Vue du palais d’été à Beijing

La première chose à visiter ici est la Rue de Suzhou (tiens, tiens…).

Il s’agit d’une promenade sur des quais, bordés d’échoppes, le tout construit sans autre but que de permettre aux empereurs de déambuler dans une rue commerçante ! Cela peut paraître incompréhensible mais il faut se rappeler que le souverain ne pouvait pas se mêler au peuple !

Rue de Suzhou au palais d’été à Beijing

L’entourage des Qing a donc réalisé cette folie où de nombreux eunuques déguisés jouaient des rôles de commerçants, de clients, etc.

On voit là encore toute la démesure de l’ancien pouvoir impérial, aujourd’hui devenu dans ce cas de figure complètement farfelu !

Nous continuons la visite en gravissant la colline de la Longévité Millénaire, au milieu des chemins pavés qui font le tour de celle–ci. Des pentes ardues par endroit, mais le décor nous les fait oublier !

La vue en haut de cette colline est saisissante : au-delà de la cime des arbres, l’immense lac Kunming de 220 hectares (sur les 290 que compte le site dans son ensemble) est gelé d’un bout à l’autre, couvert d’une épaisse couche de glace qui permet aux visiteurs de marcher dessus.

Lac Kunming gelé en hiver au palais d’été

La visite se poursuit par une déambulation aux alentours de pavillons et de temples greffés au relief de la colline.

Vue du palais d’été à Beijing

Vue du palais d’été à Beijing

Au bord du lac, une vaste galerie couverte et une promenade sous les branches des cyprès plusieurs fois centenaires accueillent agréablement les touristes.

Une coursive couverte dans le palais d’été à Beijing

Nous découvrons le célèbre bateau en marbre, un peu en piètre état, à notre grand étonnement ! Mais les photographies sont souvent trompeuses dans les guides touristiques et la réalité est plutôt déprimante.

Bateau de marbre dans le palais d’été

Enfin, dernier point fort de la visite, dans l’axe géomantique du site, le Palais des Nuages Ordonnés, l’un des endroits les plus beaux dans ce décor issu d’un autre temps.

Détail architectural du palais d’été à Beijing

Vue du palais d’été à Beijing

Pour arriver au sommet et au Pavillon des Fragrances Bouddhiques, situé tout en haut de la colline, il faut gravir de nombreux escaliers, mais la vue, une fois arrivés, en valait la peine !

Détail architectural du palais d’été à Beijing

Vue du palais d’été à Beijing

Vue du palais d’été à Beijing

Détail architectural du palais d’été à Beijing

Sculpture artistique dans le palais d’été à Beijing

Nous n’avons pas eu le temps de visiter d’autres parties plus au sud du parc, notamment le Pont de Jade ou l’île du sud, mais vu les dimensions du site, il nous aurait fallu ajouter encore deux bonnes heures à la matinée entière que nous avions consacré à cette découverte du Palais d’Été.

Lac Kunming gelé en hiver au palais d’été

Jīngjù

Représentation de Jingju

Pour terminer ce bref et synthétique compte rendu de notre passage à Beijing, j’ajouterai encore quelques lignes : l’auberge de jeunesse, Sitting On The City Walls, où nous résidions, nous avait réservé une bonne surprise.
Grâce à notre séjour de cinq nuits consécutives, nous nous sommes vu invités à une représentation privée d’opéra typique de la ville, 京剧 Jīngjù, soit « l’opéra de Beijing », que nous connaissons en Europe.

Maquillage des acteurs d’opéra de Beijing

Maquillage des acteurs d’opéra de Beijing

Quelques différences avec le spectacle auquel nous avions pu assister au musée de l’opéra de Suzhou.

Représentation de Jingju

Au programme : des acrobaties, des combats et plus de personnages présents au même moment sur scène.

Représentation de Jingju

Représentation de Jingju

Ainsi s’achève ce petit récit de notre visite dans la capitale au mois de Janvier 2011. Mais nos vacances ne s’arrêtaient pas là, un détour de trois jours par la ville de Chengde était prévu ; détour rapporté dans l’article qui y est consacré !

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