Balade à Beijing 2/5

Deuxième article de la série qui relate notre séjour à Beijing au cours du mois de janvier 2011. Le précédent article traitait de notre arrivée en ville et de notre approche des hutongs ; celui-ci est consacré à la visite de la Cité Interdite et du Parc Beihai, deux sites fameux de la capitale de la République Populaire de Chine.

La Cité Pourpre1

la tour nord-ouest de la Cité Interdite à Beijing

Tout a été dit en ce qui concerne ce complexe de pavillons et de cours plus ou moins gigantesques inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ne reculant devant aucun lieu commun, je vais quand même rappeler quelques chiffres : une superficie de 72 hectares, 960 mètres de long sur 750 mètres de large, 13 ans de construction (entre 1407 à 1420), des murs extérieurs de 10 mètres de haut, des douves larges de 52 mètres.

L'une des cours intérieures de la Cité Interdite à Beijing

On avance le nombre de plus d’un million d’ouvriers (pour ne pas parler d’esclaves) nécessaires à sa construction, et pour que 24 empereurs puissent y résider durant cinq siècles, de 1420 à 1911.

L'une des cours intérieures de la Cité Interdite à Beijing

Des chiffres qui imposent le respect et que l’on trouve partout sur l’Internet ou dans les guides spécialisés, de façon bien plus détaillée.

Nous avons entrepris la visite très tôt le matin, dès l’ouverture à 8h30, et par la porte de la Fierté Divine (au nord), soit à l’opposé de la Tian’an men, et du portrait de Mao surplombant la porte sud que l’on voit sur les traditionnelles photographies de l’endroit.

La porte sud de la Cité Interdite

Cette visite que l’on pourrait considérer comme à contre-sens, a été en réalité plutôt une bonne initiative car ainsi, nous avons pu échapper pendant un assez long moment à la foule journalière arrivée par la porte du Midi (la porte sud).

Au nord du complexe de la Cité Interdite

détail de décoration à la Cité Interdite

Quelques endroits calmes au nord dans la Cité Interdite

Coupole dans un des pavillons de la Cité Interdite

Le froid était très pénétrant ce jour-là à Beijing : la météo annonçait –13 degrés, sans compter un vent qui n’améliorait en rien notre tolérance aux éléments !

L'une des cours intérieures de la Cité Interdite à Beijing

Nous avons tout de même passé quatre heures à observer l’architecture, contempler l’agencement traditionnel des bâtiments2 et tenter de nous imprégner de la majesté de l’endroit, même si dans ces conditions météorologiques, nous avions tendance à presser quelque peu le pas !

La visite ne nous aura coûté que vingt yuans, grâce à notre carte étudiant.
Quelques photographies de l’endroit, sans plus de commentaires, pour mieux vous les laisser regarder.

Un des pavillons de la Cité Interdite

Détail dans la Cité Interdite

Vue sur l’une des cours de la Cité Interdite

Brûloirs sur une des terrasses de la Cité Interdite

Animal en métal à la Cité Interdite

Les toits de la Cité Interdite

Lion de bronze dans la Cité Interdite à Beijing

Le long des murs rouges de la Cité Interdite

Gros plan sur les animaux présents sur tous les toits de la Cité Interdite

Dans le dédale de portes et de couloirs du complexe impérial de la Cité Interdite

Détail architectural dans la Cité Interdite

Vue d'un des pavillons de la Cité Interdite

Interlude

Après cette imposante et éprouvante visite matinale, nous partons à pied dans le centre de Beijing, pour rejoindre le parc Beihai. Nous passons le long du mur sud-ouest de la Cité Interdite, puis longeons la place Tian’an men, sans nous y aventurer pour le moment.
Ici, point de hutongs à l’horizon mais un gros boulevard à quatre voies et recouvert de véhicules à gauche, buildings flambant neufs à droite, dans un style béton et verre tout ce qu’il y a de non–traditionnel.
Ces derniers abritent les administrations du pays, ainsi que les grandes entreprises nationales et internationales, qui ont élu domicile en plein cœur de la maille nerveuse du pays. Les rues sont très bien entretenues dans ce quartier, pas de déchets et pas de petits commerces.

Nous arpentons des avenues sans trop de circulation en remontant vers le nord, et tentons de comprendre ce qu’il peut bien y avoir derrière de hauts murs peints en rouge — nous apprendrons par la suite que de nombreuses « huiles » du parti ont élu domicile dans le coin — gardés par des hommes en faction.
Beaucoup de présence policière, et inutile d’avoir un guide pour le comprendre : les trottoirs sont encombrés par des fourgonnettes de la police, de l’armée ou d’autres services similaires.

Enfin nous arrivons à proximité du parc, toujours enveloppés par un vent qui souligne un peu plus le froid de l’air. Le fait de passer toute la journée dehors, même en faisant du tourisme n’a rien de très agréable !

Vue du lac Zhonghai à Beijing

Impossible de manquer le spectacle sur notre droite de la succession des lacs Zhonghai et Nanhai, complètement gelés et reflétant la lumière comme de vrais miroirs. Les saules pleureurs sur les berges ont perdu toutes leurs feuilles et l’ensemble crée une ambiance quelque peu désertique voire aride. Impossible cependant d’y accéder car depuis 19763, l’accès est réservé à l’usage du parti.

Le parc Beihai

Parc Beihai à Beijing en hiver

Là aussi, le lac central est entièrement gelé, laissant apparaître des tiges de roseaux pris dans une quinzaine de centimètres de glace.

Bateaux au parc Beihai en hiver

Les petits bateaux de location, qui, en été, font la joie des Chinois venus en famille, sont parqués en rangs. Ils ont laissé la place aux luges de glace, que petits et grands chevauchent et font glisser dans un espace délimité.

Luges de glace au parc Beihai en hiver

Des habitués jettent des morceaux de pain — enfin ce qui y ressemble — aux canards et oies en liberté, qui marchent sur la surface (très) solide.

Parc Beihai à Beijing en hiver

L’endroit est visible de loin à Beijing car un stûpa (appelé aussi dagoba) blanc d’une trentaine de mètres est érigé sur la colline de l’île des Hortensias, Qionghua dao.

Nous décidons donc d’emprunter le pont qui y mène pour examiner de plus près cet édifice construit au XVIIe siècle en l’honneur de la visite du dalaï–lama à Beijing !

Dagoba du Parc Beihai à Beijing en hiver

La vue depuis la terrasse surplombe à 180 degrés la ville, et on peut apercevoir facilement les toits de la Cité Interdite, et des immeubles modernes qui forment un tapis de béton à perte de vue.

Vue de la Cité Interdite depuis le parc Beihai à Beijing

En redescendant, nous faisons un bon tour du lac à pied, mais nous sommes obligés de nous interrompre à cause de l’heure déjà avancée dans l’organisation de la journée chinoise (les parcs ferment à 16h30).

Le troisième article de la série poursuit le récit de notre visite à Beijing.

  1. La désignation de la Cité Interdite aujourd’hui en mandarin est gùgōng, noté en caractères simplifiés 故宫, pour signifier l’ « ancien palais ». On la connaît plus rarement sous son nom complet de « Cité Pourpre Interdite », Zǐjìn Chéng, 紫禁城, nom désignant la petite étoile violette (l’étoile polaire), centre absolu du ciel, qui trouve son reflet sur terre dans le palais de l’empereur, centre de Beijing, et donc du monde dans la pensée chinoise. Le pourpre peut également nous rappeler les fameux toits rouges du site qui enflamment le ciel si parfaitement bleu que ç’en devient à peine croyable… []
  2. Les temples en Chine obéissent tous à certaines règles de l’art ancestral du fengshui, soit la manière de disposer les constructions idéalement pour la transition d’énergies positives, etc. Tous les temples ont donc des points communs, ce qui les rend parfois redondants aux yeux de certains touristes. []
  3. Au XIXe siècle, sous l’influence de l’impératrice douairière Cixi, l’ensemble des trois lacs Beihai, Zhonghai et Nanhai connaît de nombreuses modifications et embellissements. Par la suite, l’épouse de Mao en aura l’usage exclusif et finalement seulement la partie nord sera rendue publique. []

Un commentaire pour “Balade à Beijing 2/5”

  1. [...] bref compte-rendu personnel, notre voyage en direction de Beijing et notre approche des hutongs. Le second texte était consacré à notre visite de la Cité Interdite et du parc [...]