Exposition Universelle 1/2

Dans une suite d’articles publiés il y a peu de temps, j’avais décrit notre première visite à Shanghai. Nous voici de retour dans le cœur économique de la Chine pour visiter l’exposition universelle de Shanghai 2010 durant le dernier mois d’ouverture.

Le pavillon chinois vu de nuit

Après un court trajet en train à grande vitesse chinois entre les gares de Shanghai et de Suzhou, précédé d’un très long trajet en bus entre cette même gare et l’institut de design et technologie de Suzhou (oui, en Chine la grande distance entre deux points donnés n’est pas synonyme d’un voyage long et inversement), nous sommes arrivés à bon port, dans la même auberge de jeunesse que lors de notre récent séjour.

Hidden garden Youth Hostel Shanghai vu de l’intérieur

Il y avait cette fois-ci beaucoup moins de monde dans l’établissement, car nous n’étions plus dans la golden week. Nous avons donc pu nous reposer plus facilement, et savourer encore plus le calme de cet espace silencieux à deux pas du Pudong.

Pour notre premier matin en direction de la vingtième « expo », pas de souci, nous étions déjà familiers du métro de la ville. Mais la municipalité de Shanghai a décidé de faire les choses en grand et de proposer aux visiteurs une ligne menant directement à l’intérieur de l’exposition universelle ! Premier indice de l’investissement financier et logistique du gouvernement chinois et de l’importance de l’évènement pour toute une nation ! Au total, il paraîtrait qu’il a fallu sept ans de travaux pour arriver à construire entièrement le site de l’évènement.

Les rues de l’exposition universelle de Shanghai

Nous avions réussi à nous procurer des entrées valables pour trois jours entiers, au prix de 400 yuans, soit environ 45 euros1.

Pass 3 jours exposition universelle et billets de train

En arrivant sur place, en sous-sol, nous suivons les panneaux fléchés (traduits en anglais) et nous nous retrouvons dans une immense salle, basse de plafond, au milieu de longues files de barrières jaunes arrivant à hauteur de la taille. Et là, nous découvrons avec désarroi des troupeaux meuglants de gens déjà entassés devant les grilles, maintenues fermées par des gardes en uniformes bruns, l’œil attentif et affichant une expression complètement neutre.
Nous avons un peu le sentiment d’être des bovins menés à l’abattoir entre ces couloirs d’acier, serrés contre notre gré et de tous les côtés par des gens pas très patients2 !
Après une bonne demi-heure à jouer des coudes et à pester contre des gens pas toujours compréhensifs, nous arrivons devant un portail de sécurité. Fouille à la recherche d’objets métalliques ou dangereux, demande polie de boire à la bouteille que l’on transporte dans notre sac à dos (afin de vérifier qu’il ne s’agit pas d’essence ou d’acide !), compostage électronique du billet pour la journée, bonne visite, au suivant.

Dans l’enceinte —gigantesque, à la démesure de tout cet évènement— nous sommes frappés par l’effort architectural et urbanistique déployé pour l’occasion : c’est toute une partie de la ville qui est refaite : des routes neuves, des feux de circulation déjà placés, des espaces verts, des arrêts de bus, etc. Tout ça pour l’unique usage des bus et des véhicules circulant dans l’exposition universelle ! Le site internet consacré à celle-ci propose justement une carte interactive de la partie de la ville reconstruite.
Le temps est à la pluie, malheureusement. Nous commençons à déambuler dans les grandes artères piétonnes et à prendre quelques photos des pavillons avoisinants.

Le expo culture center à l’exposition universelle de Shanghai

Certains bâtiments spéciaux sont vraiment monumentaux, tel le Centre Culturel de l’Exposition qui ressemble à une énorme soucoupe volante ou bien encore l’imposant pavillon chinois, forcément plus gros que tous ceux des autres pays (63 mètres de haut tout de même), tout un symbole !

Le pavillon de la Chine à l’exposition universelle de Shanghai

En parlant de signes, quelques mots sur le logo de l’exposition universelle et également sur la mascotte de l’évènement.

Haibao gonflable

Cette dernière s’appelle Haibao (qui signifierait selon certains « trésor des quatre coins du monde », selon d’autres « trésor des mers », dans ce cas en référence à la ville de Shanghai, ville côtière), elle est une personnification du sinogramme Ren : 人 (traduction de « être [humain] »). Elle est immanquable en Chine, tant le battage médiatique la rend omniprésente partout où l’on va, déclinée dans n’importe quel produit dérivé et bien plus encore… Il faut noter que les Chinois l’ont parfaitement adoptée et c’est toujours avec un grand plaisir et un véritable enthousiasme qu’ils prennent la pose à ses côtés, partout !
L’autre grand symbole de cette exposition universelle, c’est le logo, là aussi une interprétation graphique d’un caractère chinois, celui que l’on retrouve dans « monde » et qui, ici, est censé —encore que nous ne l’ayons pas du tout compris au départ— représenter trois personnes se tenant la main, une famille soudée, etc.

Pour les amateurs de sémiologie de l’image, il faut aller faire quelques recherches sur internet, certains articles sont très précis quant à la signification très très profonde de ces emblèmes… Je ne m’attarderais pas davantage sur la qualité de ces productions graphiques !

La visite est exténuante car il faut piétiner toute la journée (si on ne prend pas une des innombrables navettes autobus ou une voiturette de location) au milieu d’une foule quand même assez dense. Cependant, tout a été très bien organisé, et partout on retrouve des bornes indicatrices, toilettes propres, vendeurs de boissons et snacks, sur la totalité des 5,28 km2 que couvre l’exposition. Les infrastructures matérielles ont été manifestement pensées avec beaucoup de soin, tout autant que le site internet de l’exposition universelle 2010.
Par ailleurs, il faut noter l’existence d’astucieuses passerelles surélevées, sortes d’autoroutes piétonnières, beaucoup plus larges et moins bondées, qui permettent de rallier un point de l’expo à un autre en moins de temps que par les allées sillonnant autour des pavillons.

Ci-après, quelques clichés de pavillons nationaux, tous très différents les uns des autres.

Le pavillon du Danemark à l’exposition universelle de Shanghai

Le pavillon de la Finlande à l’exposition universelle de Shanghai

Le pavillon de l’Estonie à l’exposition universelle de Shanghai

Le pavillon de la Lettonie à l’exposition universelle de Shanghai

Nous n’avons effectivement pas pu voir l’ensemble des pavillons des 242 pays représentés —sans compter les pavillons spéciaux tels celui de l’ONU, de Coca-Cola, etc.— d’abord à cause du temps de visite, mais également à cause des files incroyables de gens qui se formaient à l’entrée des bâtiments, parfois synonymes de trois heures d’attente !

Qui plus est, tous les pavillons n’étaient pas dignes de la même attention, loin s’en faut. Certains étaient décevants dans leur contenus, d’autres surprenants, pas toujours ceux que nous attendions et finalement, dans la majorité des cas, il ne s’agissait pour les pays que d’une sorte d’énorme agence de voyage, aux innombrables potentiels clients. Mais dans l’ensemble, tous avaient une architecture franchement originale, qui donnait un peu l’impression d’un décor cachant le vide à l’intérieur.

Pavillon du Mexique

Pavillon du brésil à l’exposition universelle de Shanghai

Détail du pavillon global de l'afrique

Le pavillon anglais à l’exposition universelle de Shanghai

Parmi tous ces bâtiments quelquefois ennuyeux, certains avaient fait le pari (réussi !) de jouer la carte de l’originalité.
Ainsi, le pavillon des Pays-Bas —sur les deux clichés suivants— était une espèce d’hybridation entre une fête foraine et un cabinet de curiosités artistiques.

Le pavillon des Pays-Bas à l’exposition universelle de Shanghai

Détail du pavillon des Pays-Bas à l’exposition universelle de Shanghai

Enfin, un point tout de même sur le pavillon français dans l’exposition universelle qui avait pour thème « la ville sensuelle » ! Forcément, la France jouissant d’un prestige immense en Chine, et de la réputation du pays « le plus romantique » (véridique), le bâtiment était l’un des plus visités (mais pas un des plus originaux à mon goût).

Détail de la façade du pavillon Français

L'intérieur du pavillon Français à l’exposition universelle de Shanghai

Pour nous, ici, pas besoin de faire la queue, en montrant notre passeport nous avions un accès direct à l’édifice !
À l’intérieur, un rutilant concept-car Peugeot, des murs de végétaux, des paillotes polynésiennes disposées au centre de la cour intérieure et aussi, un restaurant gastronomique.

Groupe de Chinois devant un chef-d’œuvre du musée d’Orsay

Des chefs-d’œuvre du musée d’Orsay ont même été prêtés pour l’occasion, remportant un franc succès auprès du public toujours à l’affût d’une photo à faire !

Voilà pour cette première partie de notre visite de l’exposition universelle de Shanghai qui a eu lieu du 1er mai 2010 au 31 octobre 2010. La suite dans le second article, afin de décrire une autre partie explorée de l’évènement.

  1. Apparemment, il y a eu beaucoup de tickets vendus au marché noir, souvent faux, malgré l’impression spécifique avec des encres particulières et les puces électroniques contenues dans le billet même. []
  2. C’est une des grandes causes de l’énervement des occidentaux en Chine : les habitants ne sont pas du tout patients, ils essayent par tous les moyens de grappiller des places dans les files d’attente, quand bien même s’il y a plusieurs milliers de personnes devant eux, et que tout le monde s’entasse comme des sardines ! []

Les commentaires sont fermŽs !