Visite à Shanghai 2/2

Deuxième article concernant notre visite de Shanghai au début du mois d’octobre. Je vous invite à lire la première partie de cet article si ce n’est déjà fait !

La nuit sur les routes à Shanghai

Bien sûr, nous avons passé presque une semaine à visiter Shanghai, mais relater le détail journalier de tout ce que nous avons vu aurait été un peu rébarbatif. Il ne s’agit donc que d’un bref compte-rendu qui omet de nombreuses précisions et autres anecdotes !

Notre visite de « la ville en amont de la mer », s’est poursuivie peut-être pour essayer de retrouver la Shanghai que l’on connaissait à travers l’incontournable Lotus Bleu d’Hergé. Pourtant, même s’il s’agit bien de la même ville, elle est complètement différente de celle des années trente qui servait de décor aux aventures du jeune Tintin ! Même le quartier dit du « Vieux Shanghai » semble beaucoup moins traditionnel, parcouru par les hordes de touristes et couronné à l’horizon par les gratte-ciel du Pudong.

D’étonnants contrastes d’architecture à Shanghai

Malgré cela, les constructions aux toits typiques et les lanternes rouges qui ornent les bâtiments nous font bien nous sentir en Chine !

Le quartier dit du « Vieux Shanghai »

Nous traversons des rues elles aussi bondées, avant de débuter notre visite du jardin Yù. Cet espace fut imaginé au XVIe siècle à titre de jardin privé, alors qu’il s’étend quand même sur deux hectares !

Bas-relief taillé dans la pierre

Beaucoup de monde forcément, que les magnolias et les ginkgos (souvent centenaires) ne parviennent pas toujours à nous faire oublier !

Yù Garden à Shanghai

Pierres et arbres dans le Yù Garden

Pavillon du Yù garden à Shanghai

Ce jardin est un véritable dédale avec de nombreux petits édifices.

Détail d’un toit dans le Yù Garden

Yù garden à Shanghai

Parmi ceux-ci, le « Pavillon des Trois Épis », « La chambre pour apercevoir la Lune », le « Pavillon de la Magnificence », celui du « Regard Silencieux », le « Salon de la Tendresse », sans oublier le « Pavillon pour Admirer les Poissons Batifoler » !

Pavillons dans le Yù Garden à Shanghai

Vous l’aurez compris, autant de noms descriptifs ou allusifs de l’utilisation qui en était faite par Pan Yun Duan, le mandarin qui ordonna leur construction.

Yù garden à Shanghai

Notre visite s’est un peu prolongée, du fait de tous les recoins que nous avions manqués ou seulement aperçus de ce jardin traditionnel, reflet miniature du monde pour les Chinois.

Quelques bains de foule plus tard, nous nous sommes dirigés vers la rue Fangbang Zhonglu afin de nous rendre au marché aux puces de Fuyou, sorte de caverne d’Ali Baba sur plusieurs niveaux.

Le quartier dit du « Vieux Shanghai »

Dans cet endroit se regroupent vendeurs d’antiquités réelles —ou non—, brocanteurs et artisans.
Beaucoup de curiosités, aussi sommes-nous tentés de ramener un nombre incalculable de bijoux en pierres (imitations de jade), d’exemplaires de petits livres rouges, de babioles et de bibelots tous hautement négociables.
Car il faut négocier ! C’est sans conteste un sport national : si on ne cherche pas à marchander les prix, certains vendeurs peuvent même s’en offusquer ! Il faut alors voir toute la comédie mise en œuvre par certains pour garder une bonne marge sur la vente de leurs articles, à grand renforts de mimes simulant un couteau sous la gorge, d’onomatopées et de grimaces !
On se prend vite au jeu et il n’est pas rare de se faire rattraper par un vendeur qui n’avait, dans un premier temps, pas voulu baisser plus le prix d’un article pour finalement nous concéder une remise de 50% ou plus !

Les puces Fuyou à Shanghai

Dans la rue également beaucoup d’échoppes de souvenirs et d’antiquités, où s’entassent les anachronismes visuels (éventails aux motifs futuristes, petits livres rouges neufs, manteaux d’hiver et casquettes fourrées à l’effigie du Che Guevara, etc.) et les contradictions nées de la confrontation d’une culture ancienne avec un marché touristique contemporain.

Très amusant voire ironique, mais on ne peut s’empêcher parfois de grincer des dents en voyant quelques « souvenirs typiques » !
La rue témoigne toutefois du contraste avec certaines autres parties de la ville : ici, des fils sous tension pendent des poteaux électriques en bois, des bicoques hors d’âge aux toits recouverts de tuiles servent encore d’habitations malgré une évidente insalubrité. On a l’impression d’évoluer dans un bazar à ciel ouvert !

Dans les ruelles marchandes du vieux Shanghai

Le quartier est apparemment peu à peu reconstruit, composé de nouveaux édifices, verticaux pour la plupart et bordé de routes à plusieurs files.

Nous avons également visité le marché couvert aux insectes et aux oiseaux, situé un peu plus loin dans les environs de la vieille ville.

Marché aux insectes et aux oiseaux à Shanghai

On pénètre dans une sorte de capharnaüm visuel et sonore éclairé par des néons et des ampoules, mais aussi par la lumière filtrant des ouvertures en plastique dans des toits !

Marché aux insectes et aux oiseaux à Shanghai

L’édifice, bas de plafond, est assez oppressant, les travées passant devant les minuscules échoppes sont étroites. Des cages s’y amoncèlent et nous nous arrêtons souvent pour vérifier ce que l’on vient de voir dans une de celles-ci ou dans un aquarium !

Au programme, et dans un ordre croissant de grosseur : puces, lombrics, vers, criquets, cafards, poissons exotiques, tortues (beaucoup de choix de races, de formes et de formats), moineaux, perruches, mainates, aras, lapins, chatons, chiots, etc. Incroyable quand on ne s’y attend pas !

Marché aux insectes et aux oiseaux à Shanghai

Le marché aux insectes et aux oiseaux

Marché aux insectes et aux oiseaux à Shanghai

Marché aux insectes et aux oiseaux à Shanghai

Bien entendu, il faut imaginer la cacophonie faite par toute cette ménagerie, à laquelle il faut ajouter le bruit des rires et conversations des promeneurs et néanmoins acheteurs potentiels ! C’est une expérience unique, à mi-chemin entre l’Arche de Noé et un Jardiland™ qui aurait subi un ouragan…

Autre quartier à proximité de la vieille ville : le Bund1, un quartier qui s’étale sur la rive ouest de la ville. Les bâtiments sont ici particulièrement différents, ils nous rappellent la première moitié du XXe siècle mais pas forcément l’Asie. On se croirait plutôt dans une grande ville américaine.

Le quartier du Bund à Shanghai vu par un jour de pluie

Le Bund à Shanghai, vu de nuit

Le Bund à Shanghai, vu de nuit

La partie du Bund la plus proche de la rivière a été surélevée pour former une digue où les Shanghaiens aiment venir se promener, de même que les touristes.

Vue sur le Pudong à Shanghai par temps de pluie

En y arrivant, nous avons découvert une véritable marée humaine sur cette élévation, et après quelques minutes à batailler pour arriver à gravir les escaliers y menant, nous avons pu voir le panorama sur les bâtiments et le Yangzi Jiang.
Mais l’autre atout majeur du Bund, c’est la vue imprenable qu’il offre2 sur le quartier du Pudong, vue emblématique et reproduite sur toute publicité montrant Shanghai.

Vue sur le Pudong à Shanghai, de nuit

De cette vue, on aperçoit les célèbres et très reconnaissables architectures de la tour Jinmao, la Perle d’Orient, et le World Financial Center. Pour sacrifier au rituel photographique du quartier vu depuis cette rive, il faut jouer des coudes, user d’un sourire ou deux, attendre, guetter une place qui se libère le long des barrières de sécurité ! C’est plus facile pour les grands, évidemment !

En retournant vers People’s square, nous nous arrêtons aussi au Musée d’Art de Shanghai (attention, il y en a plusieurs, presque situés au même endroit : le MoCA, le musée de Shanghai et celui-ci, on s’emmêle donc facilement les pinceaux !).

Intérieur du musée d’art de Shanghai

Le bâtiment est surprenant vu de l’extérieur, il date de 1933 et ressemble à une église avec sa petite tour en guise de coiffe. Les collections présentent de l’art contemporain, chinois et européen, et les guides touristiques s’accordent pour dire qu’elles sont très souvent renouvelées.

L’art contemporain et les musées, il faut le souligner, ont pris beaucoup d’importance à Shanghai, comme dans toute mégalopole moderne. Il existe ainsi des endroits dédiés à la création, tel le M50, sur Mogashan Lu, au nord de la ville.

Quartier du M50 à Shanghai

Les anciens entrepôts de marchandises dans ce secteur on été réinvestis en ateliers et en galeries d’art contemporain, donnant une impression très curieuse au visiteur, comme s’il visitait un parc d’attractions du petit monde de l’art !

Et pour terminer ce compte-rendu de notre excursion, encore la visite d’un musée, mais différent des autres : le musée de la poste.

La galerie du musée de la poste à Shanghai

Le toit du musée de la poste à Shanghai

Celui-ci a la particularité de révéler une des plus jolies vues sur Shanghai depuis son toit, auquel on peut accéder gratuitement.

Vue du Pudong depuis le toit du musée de la poste

Le musée en lui-même propose une belle exposition sur la création du système postal, des premiers jours primitifs aux jours d’aujourd’hui !

C’est ainsi que se termine cet article consacré à notre balade à Shanghai, qui est suivi par plusieurs billets traitant de notre visite à l’exposition universelle.

  1. Selon le Routard Chine 2010-2011, le terme vient de l’anglo-indien qui, une fois traduit, signifie « la rive boueuse », rappelant ce qu’était le quartier auparavant. []
  2. j’ai l’impression, peut-être erronée, qu’en parlant du Bund les gens parlent, par extension, de la digue sur laquelle on circule, au bord de la rivière. []

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