Visite à Shanghai 1/2

Pour ce début de mois d’octobre, nous avions décidé de profiter de l’exposition universelle de Shanghai. L’occasion était trop belle pour la manquer ! Mais nous n’avions pas réalisé que la date fixée tombait pendant la Golden Week (pour les non-anglophones, comprenez la Semaine d’or), et que durant cette période, les billets pour l’exposition universelle n’étaient plus en vente car écoulés depuis les premiers jours, en mai 2010 !

Gratte-ciel à Shanghai

Nous avions déjà réservé pour six nuits à Shanghai au Hidden Garden Youth Hotel —une auberge de jeunesse— qui semblait bon marché (10€ la nuit en dortoir de huit personnes) et assez bien placée, à peine à 15 minutes à pied du centre du quartier du Pudong. Peu importe, nous avons alors choisi de visiter la ville d’une façon plus approfondie que ce que nous avions initialement prévu.

Les derniers préparatifs expédiés, nous partons avec plusieurs heures d’avance pour la gare, que nous avions pensé rejoindre en bus. Malheureusement, nous avons été bien naïfs : tout le monde cherche à rentrer chez soi durant cette semaine de vacances. À l’arrêt de bus, la scène était cocasse : imaginez des bus pleins à craquer —faisant passer le métro parisien à l’heure de pointe pour une berline spacieuse — qui ne s’arrêtent même plus tellement il y a de monde ! Les gens couraient et se bousculaient dès qu’un chauffeur faisait mine d’ouvrir les portes de son véhicule !
Un « faux-taxi » minibus s’aventura par là, et nous emmena à la gare pour 70 yuans. Le trajet en voiture, en passant par l’une des nombreuses voies express que compte Suzhou, dura à peine une demi-heure quand il en aurait fallu le triple en bus.

La gare ferroviaire de Suzhou, au nord du centre-ville historique, est un bâtiment moderne, lumineux, d’acier et de verre… et bondé, cela va sans dire. À l’entrée, passage à la fois sous un portique de sécurité et sous le —doux— regard des policiers de garde, fusils bien en vue. Les bagages sont soumis aux rayons-x.

La gare de Suzhou

Le hall d’accueil de la gare dessert plusieurs quais et abrite des boutiques. Les accès aux voies ne sont pas libres : il faut patienter dans l’une des salles d’attente, bondées, elles aussi.
Finalement, nous découvrons le train que nous allons emprunter : l’un de ceux à grande vitesse qui fait la liaison entre Suzhou et Shanghai (il y a cent kilomètres entre les deux villes) en moins de trois quarts d’heure, avec un arrêt !

À l’intérieur, on se croirait dans un TGV tout ce qu’il y a de Français ; les annonces sont faites en chinois et en anglais, des hôtesses sont là pour aider et conseiller les voyageurs.

Une fois à Shanghai, nous débouchons dans une artère surpeuplée aux immeubles éclairés d’enseignes publicitaires démesurées. Après la rapide traversée d’une galerie commerçante jouxtant la gare, nous cherchons un taxi pour nous mener à l’auberge de jeunesse.

Hôtel de Ville de Shanghai

Comme nous sommes cinq, il nous faut deux voitures. Un quart d’heure de tâtonnements plus tard, les chauffeurs nous amènent devant une ruelle mal éclairée, peu avenante au premier abord. Échange de regards entre nous. Les taximen déchargent les valises, puis s’en vont. Nous nous enfonçons dans la ruelle, peu sûrs d’où nous mettons les pieds. Mais après quelques mètres, nous distinguons l’entrée de l’auberge !

Hidden Garden Youth Hotel à Shanghai, à deux pas du Pudong

Les employés sont jeunes, parlent anglais, le patron également. La décoration rend l’endroit convivial et nous nous sentons un peu plus à l’abri dans ce petit coin de tranquillité à l’ écart du tumulte de la ville.

Novotel Shanghai dans le quartier du Pudong

Après avoir « emménagé » dans notre chambre et fait nos lits —superposés— nous ressortons pour une balade en direction du Pudong (« l’est du fleuve [Hangpu] »). Ce quartier est le cœur économique de Shanghai, et l’emblème d’une société résolument moderne, avec ses places financières, ses immeubles de marques de luxes internationales et ses gratte-ciel.

la tour Jinmao, World Financial Center

En allant au quartier Pudong à Shanghai

Le plus difficile quand on se trouve au centre de cette partie de la ville est d’imaginer qu’il n’existait pas dans les années 90 ! Tout le monde le considère comme le « Manhattan chinois », s’étendant sur plus de 500 km2 et toujours en expansion. À ce sujet, la ville compte quand même presque 20 millions d’habitants, ce qui en fait l’une des agglomérations les plus peuplées de la planète !

Le lendemain, nous prenons le métro (la station n’est qu’à cinq minutes à pied de notre auberge) qui se révèle très pratique. Les arrêts sont réguliers, les rames sont propres et neuves, bref il nous apparaît comme un exemple bien éloigné de celui de Paris !
Nous arrivons dans un autre endroit hautement emblématique de Shanghai, le parc du peuple, sur la rive ouest de la rivière Hangpu —Puxi, en opposition au Pudong— à proximité de nombreux bâtiments dont je parlerai après.

Contraste entre le people’s park et les grattes-ciel à l’arrière plan

Dans le renmin people’s square, balade et découverte d’un univers de verdure. La cime des arbres laisse dépasser les immeubles bordant le parc, créant un contraste flagrant. Il y a un plan d’eau au milieu de ce parc qui est recouvert de lotus et des sortes de nénuphars géants.

Shanghai People’s Park

Nous réalisons que cet espace est un lieu de divertissement : certains chantent en groupe des ballades populaires et s’accompagnent d’instruments traditionnels, d’autres, rassemblés autour d’une table, jouent aux cartes.
À un endroit, nous observons longuement un très beau travail de poèmes calligraphiés à l’eau, œuvres pleines de dextérité et de savoir autant qu’éphémères. L’homme est déjà âgé, il reste imperturbable alors les badauds s’attroupent autour de la place qu’il a choisie ; nous ne sommes pas les seuls à être subjugués par l’acte poétique !

Calligraphie à l'eau sur le sol

Shanghai People’s Park

Au détour d’une allée, encore une surprise : des feuilles de papier blanc disposées sur des murets, remplis de hanzí (les caractères chinois) et parfois accompagnés de sacs. Nous cherchons l’explication mais n’en trouverons pas, restant indécis sur ce dont il pourrait bien s’agir !

Des prières dans people’s square

Le MoCA de Shanghai dans people’s park

la structure interne du MoCA de Shanghai faite d’acier et de verre

La salle centrale du MoCA de Shanghai

Direction suivante : le MoCA de Shanghai, dans le parc. L’endroit est moderne, ouvert en 2005. Apparemment, les expositions sont toujours temporaires. La structure ouverte d’aluminium et de verre dispense une bonne lumière dans une partie du musée. L’exposition présente de jeunes artistes chinois fraîchement sortis de l’école avec des productions très différentes pour chacun, d’installations in sitù, de photographies, de sculptures, de vidéos expérimentales.

Photo du toit de l'opéra de Shanghai

À proximité du musée, nous passons devant l’Opéra de Shanghai. Une création architecturale française, de Jean-Marie Charpentier. Sa forme évoque —pour les Chinois— le caractère Wang (王) qui signifie « roi », mais aussi ce qui unit les parties céleste et terrestre, domaines respectifs des divinités et des Hommes. L’Opéra jouxte la célèbre place du peuple, là où se trouve le Musée de Shanghai.

L’opéra de Shanghai vu depuis le People’s Square

L’opéra de Shanghai

Le musée de Shanghai situé dans People’s Square

Aux abords de Shanghai People’s Park

Photographie de la place du Peuple

Le soir venu, nous abordons la lumineuse Nanjing Donglu, véritable portion de Las Vegas, où de nombreuses enseignes de luxe ont pignon sur rue.

Une rue à Shanghai aux abords de People’s Square et de la Nanjing lù

D’une extrémité à l’autre, soit plus d’un kilomètre et demi, c’est une véritable fourmilière où il faut tâcher de se frayer un chemin à travers les vendeurs à la sauvette, les hommes d’affaires pressés et les familles de touristes avec le nez en l’air et l’appareil photo en bandoulière. Cette rue est très connue en Chine, où elle est considérée comme de véritables Champs-Élysées ! En plus populaire tout de même, et exclusivement piétonne !

Nanjing lù à Shanghai

Nanjing lù à Shanghai

Aquarium dans Nanjing lù à Shanghai

Gratte-ciel dans la Nanjing lù à Shanghai

Ainsi se termine la première partie de notre visite à Shanghai en ce mois d’octobre. La suite de ce bref compte-rendu de nos pérégrinations —au regard du temps passé dans la capitale économique de la Chine— dans l’article suivant.

Un commentaire pour “Visite à Shanghai 1/2”

  1. [...] donc une série de quatre articles sur cette découverte de la capitale, et comme pour notre visite à Shanghai, il ne s’agira pas de faire un compte-rendu jour par jour de ce que nous avons pu visiter et [...]