Découverte du Lac Tai

Petite promenade dans un autre lieu touristique à côté de Suzhou, à moins d’une quinzaine de kilomètres de notre école. Un jeune professeur de l’institut nous emmène voir le célèbre lac Tai.

Vue du Lac Tai

Son nom s’écrit en sinogrammes : 太湖 et en pinyin : tài hú  traduit encore en français par « grand lac », et pour cause : avec une superficie de 2 250 km2 , il est le troisième plus grand lac de Chine, derrière le lac Poyang (5 100 km2) et le lac Dongting (4 350 km2) mais il n’est en revanche pas excessivement profond : en moyenne 2 mètres.
Il est la source de la rivière Suzhou (qui tire son nom de la ville, bien entendu) et d’autres cours d’eau de la région.
Une grave pollution (récente, datant de 2007) du lac avait eu pour cause l’arrêt de l’approvisionnement en eau d’une région du Jiangsu. C’est dire s’il occupe une place importante dans la vie quotidienne de la région : au-delà de son simple attrait touristique et des retombées économiques qui en découlent, le lac subvient aux besoins en eau (non-potable, comme partout en Chine) des habitants. On comprend mieux que certains n’hésitent pas à se battre pour sauvegarder ce patrimoine écologique national.
Car le lac est surprenant : à le contempler depuis la berge, on n’en voit pas la fin. Pour donner une échelle de grandeur (attention au vertige !), le lac est grand comme deux fois la ville de Hong-Kong, qui compte sept millions d’habitants…

Vue du Lac Tai

Notre promenade nous amène sur de petits pontons en bois qui permettent de s’avancer au-delà de la berge, au-dessus de l’eau. Nous marchons, suivant un chemin dans les roseaux, sans réelle visibilité car ces derniers on poussé plus haut que nos têtes. Parfois, une trouée dans les végétaux nous permet de voir une petite île, (après renseignements, le lac en comporte presque une centaine, à cause de sa faible profondeur) et d’apercevoir un relief montagneux à l’horizon.

Vue du Lac Tai

Nous croisons des gens qui se baignent au bord de l’eau, des pêcheurs et autres conducteurs de barges touristiques. Comme nous sommes en fin d’après-midi, le soleil se couche, la lumière diminue très vite, et en moins d’une demi-heure, il fait pratiquement nuit.

Vue du Lac Tai

Dès notre arrivée au lac et tout au long de notre balade, nous constatons que d’autres personnes sont là : des mariés, des photographes et leurs assistants.

Vue du Lac Tai

La mode veut que les futurs et / ou jeunes mariés (je ne suis pas sûr, peut-être que les deux sont possibles) soient photographiés « à l’occidentale » à grand renfort de robes longues (pas forcément blanches, certaines fois bleues ou rouges), de maquillages et de coiffures sophistiquées, dans un décor très romantique et extrêmement cliché… Peut-être un peu trop parfois quand on voit les résultats mièvres, dégoulinants de couleurs pastels et non moins désastreux présentés dans les vitrines des photographes chinois spécialisés dans la photo de mariage…
Donc les abords du lac Tai abritent des endroits propices à un défilé de gens hauts en couleur, souvent très proches les uns des autres lors des prises de vues. Nous croisons également un homme assez âgé qui déclame des poèmes en vers et à haute voix.

Vue du Lac Tai

L’endroit qui paraît avoir le plus fort pouvoir d’attraction sur la partie du rivage que nous avons visité est une roue à eau, visible d’assez loin, et qui doit mesurer au bas mot une vingtaine de mètres de haut. Dans la nuit tombante, elle inspire la nostalgie, un certain respect fantomatique !

La cél&eagrave;bre roue à eau du Lac Tai

Petite anecdote, qui témoigne peut être de l’esprit de conservation du paysage : lorsque nous nous promenions, un sapin beaucoup plus haut que les autres a attiré notre attention… Il s’agissait en fait d’un poteau peint et décoré de manière à dissimuler l’antenne-relais pour un réseau de télécommunications !

Après cette balade au crépuscule, notre guide d’un soir nous propose d’aller dans un restaurant bordant le lac, non loin de l’endroit où nous sommes arrivés. Vu son aspect, le bâtiment semble provenir du Canada : rondins de bois, charpente en bois, intérieur boisé, etc. Surprenant ! Les plats commandés sont très variés et n’ont rien à voir avec le repas quotidien de l’institut !

Zhouchao

Les 7 étudiants de l’ÉSAAB lors de la soirée au Lac

Le repas est composé d’une dizaine de plats, notre ami ayant décidé de nous faire goûter quelques plats typiques : soupe de nouilles au lard et à la coriandre fraîche, foie de canard, carottes sucrées (enfin, disons ce qui s’en rapproche !), fleurs de lotus cuites, cacahuètes grillées, œufs brouillés à la chair de poisson. Tout est très bon, l’association des saveurs et textures nous ravit, nous apprécions pour la première fois depuis notre arrivée la diversité et le raffinement gastronomique en Chine1.

Sorte de foie cuit

Cacahuètes grillées en sauce

Tranches de viande fondante

Fleurs de lotus farcis aux châtaignes d’eau

Soupe à la viande, coriandre et légumes

Enfin, une des plus grandes spécialités de Suzhou : Un poisson mandarin (c’est son petit nom, à l’instar d’un brochet ou d’une carpe) en forme d’écureuil (il a la tête et la queue en l’air, comme un écureuil selon la tradition…), pêché dans le lac Tai, accompagné de crevettes sucrées, de sauce tomate et de petits pois. Un délice !

Poisson mandarin aux crevettes et aux petits pois

En dessert,2 une soupe de riz très sucrée avec des petites boules de pâte de riz, et des petits beignets chauds fourrés à la glace aux fruits rouges : ce dernier mets est réellement très bon et surtout surprenant, à cause de l’association de la pâte tiède un peu salée à l’extérieur et la glace sucrée à l’intérieur !

Soupe très sucrée avec des petites boules de pâte de riz

Le repas est accompagné par du thé vert à volonté, les boissons chaudes (soupe ou thé) étant privilégiées aux tables chinoises car elles permettent de mieux digérer.

En résumé, une soirée vraiment réussie pour nous tous, en espérant que nous en connaissions encore beaucoup d’autres ici !

  1. Ce soir, c’est avec humour que nous constatons que c’est une chose très importante pour nous, français ! []
  2. En fait, les plats arrivent tous en même temps au restaurant en Chine, ils sont posés sur un plateau tournant au centre de la table et chaque convive vient piocher, dans les plats, des parts qu’il met dans son bol ou son assiette []

Un commentaire pour “Découverte du Lac Tai”

  1. [...] à l’aide d’une bicyclette (d’autant plus si elle est chinoise)! Il est même plus grand que le lac Tai que nous avions approché au début de [...]