Le rythme de vie à l’institut 2/2

Sans transition avec le précédent article (que je vous invite à lire, avant celui-ci, si vous ne l’avez pas vu), la suite de la journée.

Il est l’heure du déjeuner ! Passez par la case cantine, payez en moyenne de 5 à 7 yuans un repas (si,si, de 55 à 75 centimes d’euros !) composé d’un seul plat principal.
Les cantines, numérotées de 1 à 4, proposent chacune, suivant les jours, un assortiment de légumes, viandes cuisinées, poissons, présentés dans de grands bacs et que l’on associe suivant ses envies. Quand vient notre tour, nous indiquons au serveur —puisqu’on ne peut pas communiquer intelligiblement— le(s) bac(s) qui nous intéresse(nt), et il remplit notre assiette d’une part. Chaque déjeuner est accompagné, bien entendu, de l’inévitable mǐ fàn (米饭)… du riz… à volonté. Le seul souci de ce système, c’est l’horaire : si nous arrivons trop tard (passé onze heures et demie) les plats sont tièdes, voire froids, et pas l’ombre d’un micro-ondes à l’horizon. Comme le déjeuner peut apparemment être pris dès dix heures et demie, les plats ont donc le temps de refroidir (nous sommes toujours stupéfaits de voir des gens manger à toute heure comprise entre 7 heures et 20 heures).

Chaque cantine propose une alternative à ce plat légumes-viande-riz, et une de nos préférées est la solution riz sauté (aux légumes épicés ou non, à la viande, «cantonnais», etc.), riz aux légumes cuisinés (un grand choix, il y en a pour tous les goûts) ou nouilles sautées (plusieurs recettes également). Dans ce cas de figure, le plat principal unique suffit largement car le volume de nourriture est assez important.

Riz sauté aux légumes

Autre point plutôt surprenant, pour ces derniers plats, ils sont cuisinés devant nous , avec énergie par les cuisiniers, dans de grands woks dont le fond est léché par des flammes démesurées ! Le choix de «spécialités» ne s’arrête pas là avec des raviolis vapeur aux légumes, à la viande, soupes aux bouillons variés et alléchants, etc.

Bref, vous l’aurez compris, à un tarif imbattable en comparaison des cantines scolaires françaises où le repas avoisine souvent les 3, 4 euros, on peut quand même manger à sa faim, suivant sa sensibilité culinaire (et en fonction de la tolérance de ses papilles et muqueuses diverses aux épices…). J’oubliais de préciser, mais vous l’aurez sans doute deviné, tous les repas de la journée se prennent avec les baguettes réglementaires, pas question de trouver une fourchette ou un couteau où que ce soit dans les cantines ! Bien que ce soit dur au début pour certains aliments on s’y habitue assez vite et bientôt on n’y prête plus aucune attention.

Les cours reprennent l’après-midi dès treize heures trente (ce qui laisse quand même le temps de souffler et de retourner à l’appartement) et se terminent aux alentours de dix-sept heures (grand maximum apparemment !). Puis, vient le repas du soir, que l’on peut prendre dès la fin des cours.

En général notre horloge biologique crie famine dès dix-huit heures trente, la nuit déjà installée participant sans doute à ce réflexe quasi Pavlovien. Notre préférence du soir ? La soupe self-service. Le principe est relativement simple : nous prenons une panière numérotée dans laquelle nous plaçons les ingrédients que nous souhaitons. Au choix, six voire sept variétés de nouilles à base de farine de riz ou de blé, des œufs, différentes sortes de champignons, quartiers de tomate, choux divers, boulettes ou filets de viande, saucisses (les chinois en raffolent, de toutes tailles et de parfums donc de goûts très variés), salades, tofù, soja, légumes chinois non-identifiés, etc.
Faites plonger votre composition dans une passoire immergée dans le bouillon commun par le cuisinier, récupérez-la cinq minutes plus tard, assaisonnez selon votre goût d’ail, de sauce soja, d’épices ou de vinaigre et dégustez !
Parfait pour se réchauffer, surtout en cas de grosse chaleur comme lors des premières semaines… Suée garantie !

Soupe du soir à l’institut

Soupe du soir à l’institut

Soupe du soir à l’institut

Frigos aux ingrédients pour la soupe du soir

Soupe du soir à l’institut

Après diner, les étudiants regagnent leurs chambres ou restent sur l’esplanade en face des cantines pour faire du roller, du skateboard, parler ou boire des bières, le tout sur fond musical bien souvent rock-teenager au volume sonore excessif ! Les portes des bâtiments-logements pour étudiants ferment à vingt-deux heures, et tout ce monde s’arrête jusqu’au lendemain matin. La boucle est bouclée.

Un commentaire pour “Le rythme de vie à l’institut 2/2”

  1. [...] deuxième partie de notre journée-type dans la suite de cet article… Partout ailleurs en Chine, c’est l’heure où les anciens pratiquent le taï-chi-chuan ( [...]